Le FIPA est Charlie

Mardi soir, la cérémonie d’ouverture donnait le coup d’envoi du Festival International des Programmes Audiovisuels. Cette 28ème édition intervient dans un contexte particulier après l’émotion et les débats suscités par les attentats contre Charlie Hebdo.

Le FIPA sort Biarritz de sa léthargie hivernale. La perle de la Côte d’Argent, station balnéaire animée l’été, n’en est que plus vide hors-saison. Mais pas moins prisée des Parisiens. Une fois par an, un microcosme audiovisuel se réunit au Pays Basque pour évoquer les enjeux à venir de la production de films, de séries, de programmes télévisuels. Un moyen aujourd’hui de réaffirmer la liberté d’expression dans un contexte particulier.

Ayant remarqué nos accréditations et nos sacoches estampillées « FIPA », un passant nous interpelle. « eh les jeunes, c’est vous les médias, il faut leur dire aux médias d’arrêter de monter les religions les unes contres les autres. On est plein à ne pas être Charlie. » Les langues se délient une fois passée la pudeur de la période d’émotion ayant suivi les attentats. La division des opinions fait suite à l’unité populaire.

IMG_20150120_202742

L’ensemble des jurés du FIPA sur la scène de la cérémonie d’ouverture

Mais le FIPA, lui, affirme pleinement son soutien à l’hebdomadaire. « Le festival en lui-même, le fait de diffuser des films, c’est déjà une réponse en soi« , nous assurait le délégué général François Sauvagnargues. Un fond noir orné d’un « Je suis Charlie » occupe la première page des guides du festival distribués dans les locaux. Lors de la cérémonie d’ouverture, un court documentaire sur Charlie Hebdo a été diffusé devant une salle comble réunie à la Gare du midi. On y voit la bande à Charlie en conférence de rédaction, échangeant dans la bonne humeur à propos de la future une sur Mahomet proclamant « C’est dur d’être aimé par des cons ». Les échanges entre Cabu, Charb’, Wolinski, Tignous et les autres paraissent rétrospectivement bien tristes. De chaleureux applaudissements résonnèrent dès la fin du documentaire.

Puis le temps des discours. Michel Veunac, le maire de Biarritz, a déclaré officiellement l’ouverture du FIPA 2015, qui jette l’ancre pour la vingt-huitième fois dans sa municipalité. Il faut aussi retenir que Didier Decoin, le Président du FIPA, est maître en matière de réthorique. Après avoir exprimé son optimisme sur les perspectives en matière de productions audiovisuelles, il a rappelé l’importance pour cette industrie de la prise de risque, de la transgression, sans lesquelles les oeuvres de Buñuel et de Stravinsky n’auraient vu le jour. Et, faisant le lien avec l’actualité, il a conclu sur une formule éloquente : « Ils s’appellent comme vous, ils s’appellent comme nous. Ils s’appellent Charlie« .

Pourtant, histoire de questionner cette unanimité intellectuelle (pour mieux la renforcer ?), le festival proposera aussi vendredi une table ronde autour du thème « Suis-je Charlie ? ». À suivre.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s