Cette année, Canal + met l’accent sur la fiction

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L’équipe du film « Sanctuaire », qui sera présenté sur Canal + cette année.

Suspense. La chaîne payante a présenté ses programmes pour l’année 2015, en mettant l’accent sur son label «  Création Originale ». Sans en dire beaucoup plus…

La 4 préfère rester mystérieuse sur l’avancée et la diffusion de ses programmes phares, en refusant de divulguer la date exacte de la programmation des Revenants, par exemple.

Cependant, elle affirme sa volonté de rester à la marge des autres chaînes en proposant à ses téléspectateurs des programmes sans cesse différents et en quête d’originalité. « Nous voulons donner une réelle ampleur cinématographique à l’écriture de nos fictions. Par exemple, l’écriture des Revenants a pris cinq ans entre la première et la deuxième saison » affirme Dominique Jubin, directrice adjointe à la fiction de la chaîne.

Éviter tout sentiment de redite

Deux nouvelles séries à vocation internationale sont proposées par la chaîne. La première, Spotless, entièrement tournée en anglais à Londres, propose l’histoire de deux frères venus s’installer dans la capitale. L’un nettoie des scènes de crimes, rejoint par son cadet, accompagné d’un lourd bagage que tous les deux vont devoir gérer. Réalisée par Pascal Chaumeil – réalisateur de l’Arnacoeur, Fais pas ci, fais pas ça-, cette série promet de ne « ressembler à aucune autre », alliant thriller et humour noir avec une tonalité très spéciale.

La deuxième, Versailles, retracera les débuts du roi Louis XIV, à travers la construction du château comme réelle prison pour la Noblesse. Créée par Simon Mirren (Esprits criminels, FBI : portés disparus) et David Wolstencroft cette série promet d’allier histoire, fiction et thriller politique.

Concernant les documentaires, Dominique Jubin met les pieds dans le plat. « Nous axons plus sur les séries et les mini-séries, contrairement à ce que nous faisions côté documentaires politiques il y a quelques années. Pour être franche, nous avons l’impression d’avoir exploré beaucoup de territoires de ce côté-là. » La chaîne veut rester à la marge des programmations des autres chaînes et cultiver son originalité par son focus sur la fiction.

« Sanctuaire », la fiction au service de la réalité

C’est ce qu’illustre la fiction Sanctuaire, qui allie avec brio fiction et histoire. Malgré quelques anachronismes – nécessaires à la compréhension de l’histoire- cette fiction traite de l’organisation basque ETA des années 1980. Créée en 1959 pour résister à la dictature franquiste, l’organisation a été accusée du meurtre du Sénateur espagnol Luis Carrero Blanco en 1973, tout en multipliant les attaques terroristes en Espagne. Le gouvernement français avait accordé le statut de réfugiés politiques à ses membres, dans la mesure où l’organisation se revendiquait contre la dictature, socialiste et proche du mouvement communiste. Le pays basque français représentait alors un réel sanctuaire pour les chefs etarras espagnols.

Or la dictature franquiste n’est plus et ce sont deux gouvernements socialistes qui président la France et l’Espagne durant les années 1980. François Mitterrand confie à Grégoire Fortin – Jérémie Renier, alors avocat et conseiller spécial de Robert Badinter – de rapprocher le chef d’ETA, Domingo Iturbe Abasolo, dit « Txomin » – joué par Alex Brendemühl- et le gouvernement espagnol. Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Barrionuevo, est un ancien franquiste peu reconnu pour sa clémence. En parallèle, un groupuscule terroriste, le GAL, financé par l’Espagne et accusé de connivences avec la police française, continue d’assassiner des membres de l’ETA.

Ce film dénonce avec justesse la double facette de la France, qui a longtemps accueilli les ressortissants etarras pour finalement les abandonner à l’arrivée du gouvernement socialiste en Espagne. La violence des attentats et l’implication de la police française dans le mouvement du GAL viennent elle aussi souligner la complexité de la situation de l’époque. Les Biarrots, venus en masse et particulièrement sensibles à l’histoire de l’organisation, ont accueilli d’un bon œil cette fiction réaliste, qui parvient à ne pas tomber dans un manichéisme primaire et une vulgarisation outrancière. Les dialogues trilingues –français, basque et espagnols- et les plans magnifiques du pays basque français donnent une réelle profondeur à cette fiction. Canal plus a réussi son pari, celui de d’éviter tout sentiment de « déjà vu » avec ce sujet encore tabou pour beaucoup, en refusant de tomber dans l’écueil d’une vulgarisation outrancière.

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