Fleur Pellerin : « Les géants du Net sont les passagers clandestins de la culture »

La Ministre de la Culture était à Biarritz ce vendredi 23 janvier, pour participer à la conférence « Création, télévision, réglementation, quels enjeux pour 2015 ». J’ai voulu en profiter pour obtenir un tête-à-tête avec elle.

Fleur

Interviewer Fleur Pellerin, voilà la mission qui m’est confiée en ce vendredi matin. A la fois enthousiaste et stressé à cette idée, je me rends dans la Salle des Ambassadeurs du Casino Municipal. Une conférence est donnée sur le thème « Création, télévision, réglementation : quels enjeux en 2015 », avec du beau monde à la table : Rémy Pflimlin, PDG de France Télévisions, David Assouline, sénateur, Rodolphe Belmer, directeur général de Canal+… Et Mme la Ministre de la Culture et de la Communication, dont le discours est prévu pour la fin de séance. Entre temps défilent les intervenants. « Quand les politiques parlent, c’est fini, tout le monde s’endort », glisse une journaliste à son collègue, amusé. Finalement, la star du jour se présente au micro.

« Faire de la France la championne de la création »

Le discours, bien rôdé, ne contient aucune révélation sensationnelle, mais n’est pas dénué d’intérêt pour autant. Fleur Pellerin veut faire de la France « une championne internationale de la création audiovisuelle, notamment de la fiction ». Elle expose donc trois axes sur lequel le gouvernement compte plancher en partenariat avec le monde de la culture : encourager la création, favoriser le rayonnement de la France à l’étranger et enfin établir un partage plus équilibré des risques entre tous les acteurs.

La Ministre est particulièrement optimiste sur le potentiel du pays, à son goût trop peu exploité. Elle balaie les inquiétudes concernant la difficulté à concurrencer les productions anglophones : « Israël, la Suède, la Norvège et d’autres pays nous ont prouvé que lorsque la qualité est au rendez-vous, la langue n’est jamais un problème ». Enfin, elle insiste sur la nécessité de développer la coproduction avec d’autres pays. « Le seul accord que nous ayons, c’est avec le Canada. Nous sommes actuellement en discussion avec l’Allemagne, il faut continuer sur ce chemin ».

Faire payer l’industrie du Net

Passée par le ministère de l’Économie Numérique, Fleur Pellerin n’oublie pas d’évoquer un dossier qui lui tient à cœur : la participation des « géants du Net » au financement de la culture. « Notre système est remis en cause car un grand nombre de nouveaux acteurs bénéficient désormais de l’accès aux œuvres sans participer à leur financement. C’est inacceptable », affirme-t-elle. Sitôt la séance terminée, je me précipite vers la nuée de journalistes qui l’entoure, dans l’espoir d’en savoir plus à ce sujet. Et me fais écraser par les vieux loups du métier.

La Ministre, sûrement attendrie par mon inexpérience, finit par me laisser une seconde chance. Elle m’explique : « Cette question est un défi majeur car les géants du Net jouent sur un système de conventions fiscales bilatérales pour échapper à l’impôt ». Et affirme sans détour : « Ce n’est pas normal que notre équilibre soit remis en cause par des passagers clandestins qui placent leur argent aux Îles Caïman ». Mais comment, concrètement, faire payer ces entreprises ? « Nous travaillons actuellement sur plusieurs pistes, et je ne désespère pas de parvenir à une solution à brève échéance », m’assure-t-elle enfin, avant de prendre congé.

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