L’ambition des séries anglaises

The Missing a fait l’ouverture du festival, Broadchurch a reçu l’Eurofipa jeudi, et quatre autres séries anglaises seront présentées au cours du FIPA. Le festival biarrot a définitivement pris l’accent britannique.

Euros Lyn

Le réalisateur gallois Euros Lyn présente sa nouvelle série « Happy Valley »

Aujourd’hui, les stars du petit écran s’appellent Doctor Who, Sherlock ou encore Downtown Abbey et leur succès a inspiré toute une génération de phénomènes télévisés. Le président du FIPA, Didier Decoin, ne se trompe pas quand il déclare que les séries connaissent un âge d’or, notamment outre-Manche. Et Euros Lyn, le réalisateur de Happy Valley, d’ajouter : « Il y a quelques années, on comptait ou un deux auteurs de qualité alors qu’aujourd’hui ils sont légion ». Français et Anglais enfin d’accord, la télévision fait des miracles. Cette alliance se concrétise dans le casting de The Missing, où des acteurs des deux côtés de la Manche se donnent la réplique. Un anglais flegmatique et mâché pour James Bessnit, laborieux mais « so french » pour Tchéky Karyo.

Si elle n’en n’atteint pas l’élégance esthétique, The Missing, réalisée par Tom Shankland, cherche à concurrencer True Detective, l’une des dernières sensations de la chaîne américaine HBO. Même intrigue ou presque, un garçon enlevé contre une fille retrouvée morte, et dans les deux cas une enquête sur fond de pédophilie menée par deux hommes que tout oppose. On peut facilement imaginer que The Missing connaîtra un succès dépassant les frontières du Royaume-Uni, une exception en Europe. Ce qui n’étonne pas Euros Lyn, qui parle de « l’expérience de [son] pays dans la production de séries » et d’une « confiance dans ce savoir-faire accumulé ». Après tout, Le FIPA est aussi un lieu de diplomatie.

Quand le Royaume-Uni lorgne sur les Etats-Unis

L’ambition du Royaume-Uni n’en demeure pas moins très élevée. Interrogé sur la possibilité pour les séries européennes de concurrencer les grosses productions américaines – Game of Thrones, The Wire, Breaking Bad etc… -, le réalisateur de Happy Valley répond, sans cligner des yeux : « Yes, absolutely« . Lui qui cherchait ses mots encore quelques instants auparavant semble cette fois tout à fait convaincu de la valeur des produits européens. Après tout, The Office ou Shameless, qui ont ou sont en train de cartonner outre-Atlantique, sont à l’origine des programmes du Royaume-Uni. Deux séries qui se caractérisent par la simplicité de leur cadre et leur réalisme.

Happy Valley entend surfer sur la même vague, l’humour corrosif d’un Ricky Gervais en moins. On suit le quotidien d’une femme-flic dans une bourgade anglaise, dominée par une imposante tour et gangrenée par un réseau de drogue. Pas de batailles épiques, de combats chorégraphiés ou de romantisme surfait, Happy Valley s’en tient aux préceptes de Euros Lyn : « Le succès d’une série ne tient pas tellement à la somme d’argent investie mais à la justesse de l’histoire qu’elle raconte ». C’est selon lui la raison pour laquelle les oeuvres britanniques peuvent et vont de plus en plus faire de l’ombre au modèle américain.

D’un point de vue technique, il est vrai que les services comme Netflix facilitent la diffusion de série européennes dans de nombreux petits écrans, notamment américains. Cependant les producteurs du Vieux Continent sont encore loin de pouvoir investir autant que leurs voisins d’outre-Atlantique. Il est donc important que les récompenses récemment amassées par les séries anglaises ne deviennent pas des trophées, accumulant la poussière sur les dessus de cheminée, mais au contraire des raisons pour investir dans le secteur audiovisuel européen.

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