Marie-Jeanne Serrero déjoue les stéréotypes

Découverte de l’artiste touche-à-tout Marie-Jeanne Serrero, jury dans la catégorie « musique et spectacle » du FIPA. Récit d’une rencontre rafraîchissante et décomplexée.

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Trempée, les chaussures évidemment trouées, j’entre à l’intérieur de l’Hôtel du Palais de Biarritz avec le sentiment de faire tâche. Peu importe les réceptionnistes tirés à quatre épingles, peu importe les montres aux prix à rallonge disposées sur des promontoires en verre, cet après-midi j’ai rendez-vous avec la grande Marie-Jeanne Serrero.

Pas question de faire marche arrière. Pourtant le CV de la jeune artiste intimide encore davantage que les colonnes épurées du palace biarrot. Rentré au Conservatoire national supérieur de musique de Paris (CNSMP) à l’âge de 12 ans, l’enfant prodige ne rêve à ce moment que de « compositions » et de « musiques de films ». « On a nos amours et nos désamours, me confie-t-elle. Aujourd’hui avec les films, les albums et le théâtre j’en reviens aux premières. » Son timbre nonchalant rassure d’emblée. Son allure aussi. Je craignais bêtement de rencontrer une artiste austère aigrie par le classique et les compliments, et voilà que la pianiste qui se pointe devant moi se révèle d’une convivialité étonnante – et détonante dans cet hôtel bling-bling.

La vie de Marie-Jeanne

Pourtant, on l’aurait facilement excusée de se pâmer. Pianiste professionnelle, Marie-Jeanne Serrero enseigne au CNSMP, écume les festivals européens et joue de concert avec les plus grands (parmi lesquels, le violoncelliste Rostropovitch). Elle compose aussi, des bandes-originales et des musiques de films (Guillaume et les garçons à table, Taxi 4, L’Arnacoeur, Fanfan la Tulipe, Et maintenant on va où ? etc) en veillant scrupuleusement à varier les styles. Elle collabore enfin avec une foule d’artistes pour la réalisation d’albums hétéroclites (CD pour enfants, disques de rap, single franco-français etc). Autant de voies et de voix pour « échapper au carcan du classique ».

« Ce qui est enfermant m’oppresse »

« Cela n’a jamais été une nécessité de me diversifier, raconte-t-elle posément. Beaucoup de professionnels de la musique restent dans leur domaine de prédilection et réussissent. Mais pour moi aller voir ailleurs, me diversifier, c’est de l’ordre du besoin. Ce qui est enfermant m’oppresse ». « Quand on sort du classique, ce n’est pas pour fuir mais pour s’ouvrir », précise-t-elle. Apprendre du monde ? C’est à la fois « son engagement » et sa « passion ». Rien de tel qu’affronter la pluralité des regards du FIPA pour toucher à cette diversité. Jury dans la catégorie « musique et spectacle » avec Elizabeth Scharang et Carlo Freccero, la jeune femme reconnaît de bon cœur vouloir  »décerner trois ou quatre prix » pour cette programmation 100% musicale. Mais la règle du jeu est la même pour tous : une catégorie, un lauréat. La pianiste hors champ devra cette fois accepter de canaliser sa curiosité et ses envies. Pourvu que cela ne dure pas.

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