On a retrouvé le mystérieux poseur d’affiches

Jeudi, nous avons publié notre article sur un mystérieux poseur d’affiches en marge du FIPA ; ce vendredi, nous l’avons rencontré. Ils sont plusieurs, une quinzaine d’étudiants basques spécialisés dans l’image et le son qui ont voulu profiter du FIPA pour placarder leurs slogans chocs autour des trois principaux sites du festival : Bellevue, le Casino, Gare du Midi. Lecteur fidèle de Nouvelle Vague, leur professeur et gourou leur a fait parvenir notre enquête. Ils nous ont alors donné rendez-vous à l’issue de la table ronde sur Charlie Hebdo. Intitulée « Charlie suis-je » et ouverte au public, elle interrogeait les réactions de la presse suite aux attaques, le mouvement d’union nationale ainsi que le rôle à venir de l’école. Une table ronde à laquelle ils ont largement participé…

Neuf des quinze mystérieux poseurs d'affiches

Neuf des quinze mystérieux poseurs d’affiches

Vous êtes celui qui nous avez contactés. Pouvez-vous vous présenter ?

Nous sommes des étudiants du Pays Basque, et on a eu l’idée à plusieurs, une quinzaine à peu près. On s’est dit : « Le FIPA arrive, on a tous des idées, des revendications. Pourquoi ne pas les mettre sur des affiches autour des lieux du festival ? » En les affichant la nuit, on pensait que ça allait avoir un impact. On a essayé de faire des slogans, c’était un peu contre la télé, la mauvaise télé. La télé poubelle un peu. On a essayé d’en parler.

Contre la « télé poubelle », mais pas seulement.

Chacun a eu son mot à dire. Disons qu’il y a eu des slogans plus ou moins violents. Après on a aussi essayé de parler de Charlie, parce que ça a suscité beaucoup d’émotion, beaucoup de critiques. Et après cette fameuse marche de janvier, malheureusement c’est un peu tombé. On s’est dit : « Et après ? Où est Charlie ? »

Quels messages avez-vous essayé de faire passer ?

Pour le crayon avec marqué « Liberté ? » par exemple, on parlait beaucoup de la liberté d’expression et de la caricature. Pouvoir écrire, pouvoir dessiner, est-ce que c’est ça la liberté ? Le « égocentrique », c’est pour rappeler qu’il se passe plein de choses dans le monde. Ce qui s’est passé, c’est grave, mais on ne parle que de nous et pas des autres. L’affiche « Boko Haram ? » c’était pour interpeller par rapport à ça, pour dire qu’il se passe d’autres choses ailleurs, peut-être aussi graves. Des Présidents sont venus marcher à Paris avec la France, alors que dans leurs pays il s’est passé des atrocités. Et nous on ne fait rien pour les aider.

C’est très varié non ?

Peut-être que les affiches ne sont pas assez subtiles, qu’on ne comprend pas bien le message. Mais c’était pour choquer, mettre des mots comme ça. Dire : « Et après ? ». Même si on est un groupe, chacun a mis son style, sa patte dans ces affiches.

Ça vous a demandé du temps et de l’organisation…

C’est venu assez vite. Les idées, on les avait, il suffisait juste de les mettre sur le papier. Le matériel, on l’avait. Donc ça a été assez rapide à faire, on s’est tous dit qu’on allait le faire et on l’a tous fait. Mais c’est vrai que ça a été une petite organisation. On s’est demandé quand on allait le faire, comment on allait le faire, on a fait des équipes, on a acheté du matériel pour coller plus rapidement, on a essayé de ne pas se faire prendre…

Et financièrement, ça a dû avoir un coût ?

Ça n’a pas été grand-chose, une soixantaine d’euros de dépenses. C’était pour coller le plus possible, que ce soit vu. On n’a pas pu y retourner pour en recoller, on attend un petit peu que ça se tasse. On y retournera après je pense !

Qu’avez-vous pensé de cette table ronde sur Charlie Hebdo ?

Je trouve que c’est plutôt intéressant aujourd’hui que les jeunes s’intéressent à ces questions-là. Le FIPA a fait sa cérémonie d’ouverture en parlant de Charlie et, à part ça, il n’y a rien eu d’autre. On trouvait dommage qu’on n’en parle pas. C’était le bon endroit pour en parler. Vu les réactions, les gens venus nombreux, je pense que c’était une bonne idée.

Alors, êtes-vous Charlie ?

Est-ce que je suis Charlie… Je pense que je le suis un petit peu, et en même temps pas vraiment…

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